Heart of Darkness, la pureté de l’imaginaire d’un enfant

original

« Le jeu suit Andy, un jeune garçon tout à fait normal qui déteste son professeur, aime son chien, et a peur du noir. Un jour, Andy et son chien, Whiskey, se rendent au parc pour se détendre, c’est alors qu’a lieu une éclipse de soleil. Pendant cette éclipse, Whiskey disparaît. Dans un élan d’imagination, l’enfant, Andy se dirige dans sa cabane, où il garde ses inventions, saute dans une fusée spatiale et part à la recherche de son chien. »

Sortie sur Playstation en 1998, Heart of Darkness est probablement l’un des rares jeux de la console où le temps n’a eu aucun effet sur lui, si ce n’est un profond sentiment de nostalgie. Une oeuvre intemporelle expliquée par le refus à un passage tout entier à la 3D lors de son développement, révolution majeure apportée par Mario 64, qui a profondément bouleversé la structure visuelle et le gameplay des jeux lors de cette période. Le problème est que ces vieilleries en 3D ont énormément soufferts de la temporalité, au contraire des jeux 2D tel que Oddworld’s Abe ou Heart of Darkness qui sont encore aujourd’hui de toutes beautés malgré, malgré leurs bouilles pixelisées.

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En outre, je voulais écrire ce papier pour rendre hommage au chef d’oeuvre d’Eric Chahi, suite spirituelle d’Another World, afin d’exprimer toute ma gratitude tant j’en garde encore aujourd’hui, de merveilleux souvenirs. Heart of Darkness est une spirale dont le fond regroupe tous les éléments requis pour nous plonger dans un univers fabuleux et inoubliable. En premier lieu, je crois qu’il est important de souligner le travail exceptionnel effectuaient par les développeurs, qui ont réussis à concevoir un background et un univers digne d’un Disney tant la direction artistique se révèle absolument sublime, agrémentée par la toute première bande son symphonique dans un jeu vidéo, elle aussi exceptionnelle. Les lieux et décors visités tout au long de l’aventure sont diversifiés et les couleurs claques de toutes parts. C’est profondément joli. Le character design global très abouti fait qu’on ne peut que s’attacher aux personnages aux caractères parfois hilarants et givrés, prêtant sans mal à sourire. Mais ironiquement, l’univers de Heart of Darkness se révèle à la fois dur et cruel, et le ton très sombre tranche radicalement avec le caractère humoristique de ces derniers. Le contraste est assez saisissant d’ailleurs. Car malgré son aspect au demeurant puéril, ce monde semble être un recueil de toutes les peurs enfantines personnifiées à travers les monstres en tout genres, les ombres et surtout l’obscurité qui en découle.

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Outre l’aspect visuelle souverainement abouti, Heart of Darkness est un bijou du genre de plateforme. En effet, le level design et les énigmes sont inventifs et riches en idées. En outre, les mécaniques de gameplay sont variées et proposent des approches intéressantes agréables à prendre en main. Parce qu’avant tout, l’aventure de Heart of Darkness est un pur régal à jouer tant son gameplay est dosé à la perfection. On prend ainsi un plaisir fou à parcourir l’aventure, malgré une difficulté excessivement punitive vous obligeant la majeure partie du temps à expérimenter le « die and retry ». Mais bon sang, qu’il est génial de déplacer le petit Andy avec ses animations riches en détails et parfaitement fluides, ainsi que sa palette de mouvement diversifiée et complète.

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Pour conclure ce papier, j’aimerai analyser une scène qui m’a toute particulièrement interpellée. A la toute fin de l’aventure, on se rend compte qu’Andy n’avait finalement jamais quitté sa grange lorsqu’il embarque dans son vaisseau, et qu’il était simplement parti dans un trip imaginaire enfantin. Rien n’est vrai dans tout ce qu’on a vécu depuis le début de l’aventure. Ce qui est intéressant avec ce « cliffangher » de fin, c’est qu’on se rend compte qu’Andy est une sorte de représentation du joueur dans un jeu vidéo, s’imaginant à vadrouiller dans un univers imaginaire mais haut combien amusant. Lorsque Andy revient à la réalité, et part se coucher, le monde imaginaire où eu lieu son voyage se révèle être réaliste malgré tout via une toute dernière scène. Or, au-delà du fait de vouloir purement embrouiller l’esprit du joueur, j’y vois au travers de cette scène un message où les jeux vidéo sont une sorte d’héritages intemporels qui continueront à vivre à travers la nostalgie des joueurs malgré les années et leur irréalité. Tient donc, tout comme Heart of Darkness lui-même.

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5 réflexions sur “Heart of Darkness, la pureté de l’imaginaire d’un enfant

  1. Bon papier sur cet excellent titre.
    J’adore ce jeu, surtout qu’il fait vibrer ma fibre nostalgique de l’époque Amblin. Il me rappelle un peu Explorers de Joe Dante par exemple.
    Par contre, si les graphisme 2D ont comme tu dis pas pris une ride. Il faut bien admettre que les cinématiques 3D, elles, font un peu désuètes aujourd’hui. Mais bon, l’histoire et la musique superbe de Bruce Broughton font passer la pilule aisément.

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    • Merci.
      Je ne connaissais pas ce film avant que tu m’en parles, je vais peut-être m’y intéressé et l’ajouter dans ma longue liste des films à voir.
      Les cinématiques ont vieillies oui, surtout si on fait la comparaison avec celles de Resident Evil 2 et Oddworld’s Abe qui sont sortis la même année. Mais bon, je ne trouve pas que ce soit fondamentalement dérangeant.

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  2. Tu as fait Another World d’ailleurs ? Une perle.

    Heart of Darkness aussi reste gravé dans ma mémoire, j’aimais tellement ce jeu.

    Et j’avoue ne jamais avoir pensé à ce que cette pouvait vraiment représentée comme tu l’expliques. Un article qui transpire la nostalgie. 🙂

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    • J’avais fait Another World sur émulateur, j’avais beaucoup aimé ouais.

      Ça reste une théorie personnelle sans prétention, et qui ne veut absolument pas dire que ce soit ça, et ça ne l’est très certainement pas. Mais moi, elle me plaît bien et c’est ce qui compte.

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